" Le silence est bleu à la hauteur des yeux du ciel,
Le temps s’écoule jusqu’au bout de nos fatigues. »
Hassan Makaremi
Un artiste qui a l’art de mettre ses idéaux en couleure
Ses œuvres nous emportent dans son monde imaginaire où ses idées humanistes, son regard sur la vie sont décrits avec un mélange de couleurs. Ses compositions architecturales nous emportent dans un monde où la magie du moment s’étend. Ses calligraphies semblables à la danse des sirènes, symbolisent une harmonie entre la souplesse d’une main qui glisse sur des siècles d’histoire et le labyrinthe mystérieux de la poési
e persane. Ses compositions coloristes ouvrent le regard tantôt sur un monde impressionniste, tantôt sur la finesse de la miniature persane.
Sur son œuvre L’art rupestre et les Droits de l’homme (fresque, 6 mètres carrés), il nous dit :
« Des grottes vers la lune. Des premières traces de la symbolisation, les peintures rupestres, à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : cette distance d’environ quarante milles ans, des efforts pour augmenter les champs de notre connaissance et de notre bien-être, est une longue traversée. Les dessins préhistoriques découverts à ce jour sur les cinq continents, avec la diversité de leurs symbolisations et les moyens utilisés, parlent de l’espoir, du voyage, de l’espérance de paix, de vie en famille, de découvertes, d’étonnement devant l’univers, et enfin des relations avec l’autre et avec la nature.»
Suite à sa rencontre avec la psychanalyse, le peintre a développé un autre regard sur le mouvement culturel persane qui s’étend de 7000 ans avant notre ère jusqu’à aujourd’hui. La manifestation des corps étant interdite en Islam, l’art et la littérature se manifestent autour de l’Architecture, la Poésie et la Calligraphie. Il nous précise sa pensé à ce sujet :
« Bien entendu, ce nœud à trois dimensions -- l’Architecture, la Poésie et la Calligraphie -- porte en lui les trois moyens de la connaissance humaine :
- l’effet de réalité (géographie, modes de vie, climat, nature, végétaux, fleurs et désert),
- l’effet de l’imaginaire, des rêves, des fantasmes, des espoirs, des désirs,
- et enfin les effets du symbolique, incarnés dans la culture, dans les gestes, dans les signifiants, les mots, les façons de bouger, des mouvements du corps, les façons de tourner les yeux, les danses...
Les refoulés reviennent, les couches profondes des mythologies, des éléments de l’architecture, les rituels, les principes de base se manifestent.
Ce que je cherche, via cette sensibilité, est l’illustration de la cohérence et l’harmonie de cette image « d’un monde parallèle », via la calligraphie, la peinture, l’image de l’architecture dans la peinture, l’image des dessins et des courbes dans la calligraphie, les courbes des dômes dans les alphabets, et peut être dans l’avenir, les traces les plus profonde des symbolisations : des traces de l’art rupestre dans ces signes et ces symboles. »
Sur sa recherche des traces du temps dans la calligraphie persane, il nous rapporte :
« Pendant des siècles, avec patience et passion, les maîtres de la calligraphie Persane ont voulu mettre en harmonie cette calligraphie avec la totalité de la culture persane. Se laisser aller à l’influence des caractères, en se libérant du temps ; nager dans ces signes, être touché par la pluie des mots ; laisser le temps prendre en jeu des phrases et des vers : voilà ma passion qui se livre à vos yeux. Où sont ces caractères coulants des mains des maîtres d’il y a mille ans dans des livres manuscrits, fondus dans l’imaginaire et les nostalgies d’un peuple ? Où sont ces courbes : grâce à elles, un peuple voit le miroir de l’univers. Je les cherche. »
Et sur son parcours il précise :
« Depuis plus de trois milliards années, de la bactérie à l’homo sapiens, et quarante mille ans, depuis cet avènement jusqu’à nos jours, la Vie continue. Et plus les années s’accumulent, plus la résistance devant la mort de « cette chose », que nous appelons par simplification « la vie », augmente. Comme si le but de la vie était ‘la vie’ contre ‘la mort’ ».
Au-delà des fossiles de nos ancêtres, des témoins historiques et architecturaux, qui nous restent comme témoins de ce parcours, il y a l’art rupestre, il y a des écrits, il y a la culture orale, il y a les patrimoines culturels humains, cette diversité culturelle que l’UNESCO nous invite à célébrer via sa Déclaration Universelle sur la diversité culturelle.
Pour continuer à laisser cet héritage à nos enfants, il reste à chacun à tracer ce parcours collectif de la vie ; mais à chacun son propre support. »
Texte: Mina Rad