Hassan Makaremi

Psychanalyste Chercheur Artiste

autres langues

Je ne  vis pas,
Je remplis le vide de ma place.
Ils me cherchent avec un questionnement du regard,
Un message caché.

Avec une lumière simple,
Avec un air attirant,
Chaque fois, un nouvel univers,
Ouvre ses bras à travers des fissures du temps.

Sans goûter le délice de ce voyage,
Je reviens et,
Je remplis le vide de ma place.
Comme si,
J'étais toujours là.

Hassan Makaremi

2002 

Telle une goutte qui se noie dans l'Océan,
Telle la branche qui ploie,
Et s'arrache doucement,

Telles des paroles qui fondent et s'avalent goulûment,
Tels les mots qu'on appuie,
Oubliés dans l'instant,

Telle la paresse qui saborde les envies, implacablement,
Tels mes certitudes, mes haines inutiles, mes errements,
Tels mes rires et mes pleurs qui s'effacent follement,
Telle la pudeur qui atteint petit à petit tous mes sentiments,
Telle est la vie : sourd appel du néant.

Hassan Makaremi

1998

Debout à l'ouverture de la solitude,
Je chante les frontières déchaînées,
Exempté du corps seul.
Sur le socle des voies entremêlées,
Prend le corps et les figures nouvelles,
La lumière créera le jour, et l'accouchement de la vie.
Et les voies à l'intérieur des frontières deviennent des échos des chanteurs disparus.

Debout à l'ouverture de la solitude,
Je fixe mon regarde à l'intérieur,
Et je compte le volume de mes connaissances.
Pour  greffer les énigmes des fausses frontières sur les ombres disparues.
Une ouverture vers deux cotes,
La voix de l'extérieur vers l'intérieur,
La lumière de l'intérieur vers l'extérieur

Debout à l'ouverture de la solitude,
Je plante la brise matinale dans l'espoir,
Pour enraciner les pieds de la solitude,
Pour voler les maisons des " autres",
Pour faire disparaître les disparus dans le sourire des enfants.
Il y a un chanteur dans un coin de l'oublie,
Il lance sur cette ouverture,
La vitesse du vent, la fraîcheur d'une pluie,
La blancheur de la neige, le bleu du ciel.

Debout à l'ouverture de la solitude,
Je cherche la chaleur du battement des étoiles,
Je me débarrasse, par groupe du non-savoir,
Pour rendre l'"amour", le bien aimé de " fois",
Je coupe la parole autrement,
Je sépare le "nous" de la solitude de "je" 

Debout à l'ouverture de la solitude,
Je rends en morceaux les cycles de vagabondage,
Des amoureux avec le scie, du regard,
Pour que la grandeur de ce "rien", ce "néant caché",
Dans le nœud se manifeste lui-même.

Debout à l'ouverture de la solitude,
Je m'abandonne au rien au néant,
Les écrits se brûlent,
Les mots se fondent,
ET cette fois-ci, la lumière perd l'espoir de mourir.

Hassan Makaremi

1977